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CONCEPTION-CONSTRUCTION
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Afin
de conjuguer la maniabilité du dériveur et la stabilité du quillard,
l'architecte a choisi la solution moderne de la quille relevable.
Il se trouvait alors devant le choix entre une carène de dériveur
demandant à être tenue à plat et des lignes symétriques admettant
une certaine gite avant que le poids du lest ne fournisse un rappel
efficace.
En
fin de compte, Pierre Gutelle a cherché à concilier les avantages
des deux formules en traçant une carène large assez stable de formes
pour que le relais avec la stabilité de poids se fasse sans solution
de continuité. On ne s'étonnera donc pas de trouver à la fois une
section médiane très plate et des couples avant se remplissant rapidement
du pied, tandis qu'une sorte de bustle arrière important forme une
bonne quille d'échouage.
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Malgré
m'absence de ligne de flottaison, cette rondeur des volumes hors
de l'eau passe facilement au regard, grâce à une étrave tendue et
un roof anguleux affiné par une longue bande de plexiglas fumé.
Le
gréement très simple est du type dériveur avec un foc 3/4 et une
seule paire de haubans montée avec des barres de flèches tirantes.
Ainsi le rôle de l'étai avant se limite à la tenue du mât au mouillage,
la draille de foc encaissant tout l'effort une fois ce dernier étarqué.
En fait, le
Tabasco emprunte de nombreux éléments au dériveur, qu'il s'agisse
de la grande barre d'écoute positionnée environ aux trois quarts
arrière de la bôme pour assurer un cintrage efficace, ou du safran
relevable avec ses deux filins assurant une commande positive.
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Les adeptes
du yachting léger ne seront pas non plus dépaysés par le grand cockpit
avec ses deux longs caissons longitudinaux encadrés d'hiloires larges
très confortables au rappel. Mais, ils remarqueront certainement
l'absence de sangles que la plupart des constructeurs se refusent
à monter sur ce genre de bateau pour ne pas effrayer une clientèle
non sportive. Nous avons sur ce point une vue diamétralement opposée
car la sangle est un élément de confort et de sécurité, surtout
pour les plaisanciers qui n'ont plus toute l'agilité de la jeunesse.
Ce
point de détail mis à part, le Tabasco fait beaucoup plus gros que
sa longueur effective et nous avons été très surpris de constater
que la coque ne dépassait pas 5,20 m. Cette impression provient
probablement de la taille du cockpit et de la générosité des francs
bords, mais également de la rigidité de la construction. =>
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Cette formule
de quillard léger permet de pratiquer la voile avec une bonne
décontraction.
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Le chantier semble utiliser des échantillonnages surabondants si l'on
en juge d'après certains endroits comme les tranches des contre-moulages
de roof. Leur épaisseur est celle d'une coque déjà solide.
Dans ces conditions, ceci ajoute avec un raidissage presque général
la mousse de polyuréthane, il est possible de sauter sur le pont ou
dans le cockpit sans observer le moindre fléchissement. Le devis de
poids initial semble d'ailleurs avoir été largement dépassé et dans
sa catégorie le Tabasco peut donc être considéré comme un déplacement
lourd. II se distingue également par le soin de sa conception qui
se traduit par de nombreux raffinements de détails inhabituels sur
des unités de cette taille. Citons pêle-mêle le contre-moulage complet
de la cuisine, le berceau pour le repos du moteur dans le coffre arrière
ou le rangement de la porte de cabine à l'intérieur du capot d'entrée.
Il ne faut pas oublier le système de relevage de la quille très bien
étudié avec une manivelle à poste à l'avant du cockpit, la quille
relevable n'étant un avantage que dans la mesure ou sa manœuvre ne
pose pas de problèmes. (suite ci-dessous à gauche
de l'écran) |
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PERFORMANCES
QUALITES MARINE
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A l'embarquement,
le Tabasco réagit sous le poids, mais se cale à une gite modérée.
Il est évidemment préférable que la quille soit basse, bien que
cela ne soit pas indispensable en raison de la stabilité de formes.
La coque supporte également sans difficulté le passage d'un équipier
vers I'avant pour installer le foc en place. En dehors de cela,
toutes Ies manœuvres sur le mat peuvent se faire avec l'équipier
debout dans la cabine, le capot étant complètement enlevé. La bôme
couIisse sur un rail fixe au mat, et pour conserver une bonne efficacité
au halebas, il est bon de hisser la grande voile au maximum, sinon
l'angle de tire est un petit peu trop faible. Ce système coulissant
évite le recours à un winch pour l'étarquage de la grand'voile.
La drisse de foc exige en revanche une certaine force bien que le
taquet soit d'un dessin efficace. Nous n'avons pas tellement aimé
le système réduction par rouleau ni le croc en bout de bôme qui
ne permet pas de régler facilement la tension de la base de la grand'voile,
élément pourtant essentiel sur un petit bateau racé comme celui-ci.
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Grâce
à son lest profond, le Tabasco supporte facilement le spi,
et l'équipage n'est pas forcément au rappel.
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Jusqu'à la force 3-4, il est préférable d'envoyer le génois, à moins
que l'équipier ne rechigne et border une telle surface. Les premiers
virements de bord montrent la vanité de cette crainte. En effet, le
Tabasco fait preuve d'un comportement de quillard assez type. Le barreur
a intérêt à virer en souplesse en profitant de l'erre importante de
la coque. Pendant ce temps, l'équipier peut choquer et reborder le
foc sans pratiquement utiliser les winches. Le foc standard livré
en série mesure 2 m2 de moins et compte tenu du poids du bateau, convient
surtout au plus près dans la brise. Son angle de tire beaucoup plus
fermé permet un cap excellent. La grande barre d'écoute doit être
utilisée avec ménagement au plus près, en raison de son efficacité
et, jusqu'à quinze nœuds de vent, le curseur peut rester au centre
sans que la barre ne devienne dure. Il nous a semblé que par suite
du poids de sa construction, la coque avait tendance à enfoncer un
peu de I'arrière, le moteur étant rangé normalement dans son coffre.
Dans cette position, l'équilibre de la carène n'est pas parfait et
le bateau se comporte mieux, soit avec deux personnes à bord seulement,
soit en demandant aux deux équipiers de se tenir sur l'avant du cockpit.
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| Malgré
un accastillage de spi un peu faible, nous avons éprouvé beaucoup
de plaisir car naviguer avec cette voilure, le barreur n'ayant aucun
mal à contrôler le bateau, d'autant plus qu'il est possible de remonter
légèrement la quille pour reculer le centre de dérive. A toutes les
allures, le Tabasco va vile, accélérant rapidement, sans qu'il soit
possible de planer franchement par suite du poids de I'ensemble, on
est très souvent en survitesse aux allures portantes sans éprouver
I'impression de courir les mêmes risques qu'en dériveur. De toute
façon, le bateau ne chavire pas et si on le sur toile volontairement
par vent fort, il se couche et vient vent debout, l'eau ne rentrant
pas dans le cockpit. II faudra toutefois ne jamais oublier que démuni
de pataras, un tel gréement demande à ce que l'écoute de grand'voile
soit toujours un peu en traction pour tenir la tête du mat. C'est
alors que la longueur de la barre d'écoute se révèle utile. Au plus
près dans la brise, le seul regret de l'équipage est l'absence de
sangles citée plus haut, la coque passant avec un cap excellent par
rapport aux bateaux de la même catégorie.=> |
Même
les deux équipiers assis à l'avant, le tableau arrière
est légèrement immergé
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A moins d'un
calme plat, le Tabasco naviguera donc le plus souvent à la voile
comme un dériveur léger et le moteur pourra rester dans son coffre,
même pour les manœuvres de port. La godille déplace très facilement
cette coque bien profilée. La dame de nage est un peu trop près
du safran et nous runtimes installée à bâbord du tableau, mais les
godilleurs sont de plus en plus rares et beaucoup préfèreront avoir
la poignée d'un 6 ch. arbre Iong à la bonne main. Il s'en faut donc
de très peu de chose pour que Ie Tabasco ne devienne une des unités
les plus intéressantes dans son programme. Pour une fois, nous souhaitons
une construction un peu plus légère qui mettrait encore plus en
valeur les possibilités de la carène. Mais déjà actuellement, le
Tabasco prouve qu'il est possible de combiner la sécurité et l'agrément
de bord, et que le passage au voilier à cabine n'est pas forcement
un purgatoire pour Ies barreurs de dériveur voulant pratiquer une
navigation plus familiale.
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